Ruses de Sioux.

Tous les jours et plusieurs fois par jour je déploie des ruses de Sioux sur le sentier de la guerre afin d’éviter la rencontre avec un voisin.
Je m’explique, il y a un an à peu prés je croise une tête connue surgie des confins de ma prime jeunesse, je ne sais pas comment je l’ai reconnu, le fils des anciens libraires, mais emporté par une vague d’amabilité subite et regettée aussitôt, je lui dit « Bonjour » et me voici partie sur les chemins ardus du divorce, chômage, retraite anticipée et ablation de la prostate, détails urinaires à l’appui.
Un bon quart d’heure après ce fatidique bonjour nous étions tous les 2 sur le trottoir, lui me racontant sa vie et moi prenant un air de circonstances devant tant de malheur.
Mais je dois préciser qu’en 50 ans je ne lui avait pas parlé 2 fois, je ne le connais pas, juste aperçu chez ses parents entre deux présentoirs de journaux, pourquoi alors a-t-il le sentiment que nous étions copains ?
Depuis ce jour mémorable où j’ai laissé échappé par politesse et inadvertance ce regrettable « Bonjour », je le fuis comme la peste, lui et sa prostate dont je n'ai strictement rien à faire, dès que je mets le nez dehors ils est là, il y 4 cafés sur 200 m dans ma rue, il les fait tous dans un sens et dans l’autre et plusieurs fois par jour, c’est dire que du côté urinaire ses problèmes ne vont pas en s’arrangeant.
J’en suis réduite à faire demi-tour quand je vois son pas hésitant et sa tête blanche surgir comme un ectoplasme au détour d’une ruelle, en sortant ou rentrant ma voiture, il est là car son appartement est à 15 m , c’est dans ces moments là que j’ai toujours un objet à récupérer sur le plancher de la voiture, le temps qu’il passe, ralentisse et marmonne un bonjour aviné.
Je redoute le jour où je vais le surprendre en train de soulager sa vessie défaillante le long de ma porte, il risque de passer un très mauvais quart d’heure et d’avoir son envie coupée net.
Des poivrots nous en avons tout un échantillon pittoresque dans le village, mais aucuns ne se prend pour mon copain, ils passent leur chemin en zigzaguant devant moi sans me faire la conversation, perdus dans leurs vapeurs d’alcool, en un mot ils sont discrets.
Bon chacun ses poivrots," le mien à moi personnel" me traque sans doute pour combler une solitude pesante, mais qu’il ne compte pas sur moi pour jouer « Sœur Emmanuelle et l’homme qui boit » Je ne veux pas avoir le premier rôle dans ce mauvais film.
C’était la séquence « Tranche de vie » qui on le voit n’est pas rose tous les jours n’est- ce pas ?
A part ça, rien si ce n’est que ce lundi fut amplement arrosé, pluie, averses, giboulées, précipitations, ondées, nous avons eu tous les cas de figures qui mouillent et surtout qui aggravent la fuite que nous avons sur un toit depuis 10 ans sans arriver à la localiser, les couvreurs y perdent leur latin et Maky me fait des trouilles bleues en allant sur le toit. C’est en donnant ce mauvais exemple que cet été N°3 du haut de ses 4 ans est allé faire une petite marche sur ledit toit en prenant comme excuse à son forfait « Maky y va aussi », oui le grand-père marche sur les toits, Chipie aussi, alors pourquoi pas lui ? N° m’avait déjà fait le coup à 2 ans, avec N° 2 je suis tranquille, il n’aime pas les positions élevées.
Allez vous trépignez d’impatience, vous n’osez pas demander, aussi je vous livre l’info du jour : les rideaux sont bien enveloppés dans un grand drap, les bobines de fils prêtes, les anneaux et tringles aussi, ah, les agrafes ! Mr Letapissier vous pensez à moi ? la machine à coudre éteinte, ne manque plus que le feu vert de Fille Unique et je file en Normandie livrer le fruit de mon travail et mettre la dernière main sur place aux finitions.
14 Comments:
Tu ne nous a probablement pas tout raconté Bricol-Girl au sujet de ton groupie...
Nous avons aussi des voisins de ce genre.Plutôt Eliane que moi.Une principalement:c'est bien simple,je l'appelle:"La glue". dès que nous la voyons et si on suppose que ce n'est pas son cas,nous faisons un détour.Elle ne boit pas,mais une vrai tatche!Elle a aussi,une copine de scrabble,qui leurs parle tout le temps de ses 3 ou 4 opérations(elle vient d'y passer de nouveau)et ce avec force détails. A la longue,ça commence à devenir barbant:on connait tellement ses opérations,que nous pourrions la "re-opérer" nous même !! Et que dire ??
J'ai une "glue" aussi, une tatcheuse pas possible, un rien relance la conversation, elle a tjs quelques choses à me donner,pour venir chez moi, alors je dis souvent non merci, mais c'est bien gentil de penser à moi...mais bon rien de bien méchant, juste que parfois, j'ai pas trop envie de passer 1 heure sur mon palier...bon mardi
A Paris, c'est plus facile de se débarrasser des "sirop cognac", il suffit de changer de trottoir...
En Bretagne où je passe tous les étés, je ne te raconte pas...après la Bretagne, je monte à Lille, chez môa, et ben là C 'core pire ! Bah, sont pas méchants C juste qu'ils refoulent un peu du goulot...
En général, les alcoolos m'aiment bien, je ne sais pas trop pourquoi. Au début de notre séjour dans cette riante bourgade, j'avais ainsi fait la conquête d'une de ces charmantes dames alors que nous récupérions nos enfants à l'école. Un jour, je la croise au supermarché et elle se précipite vers moi, et m'embrasse, et emportée par son affection, elle embrasse d'un même élan ma fille, qui consternée, me dit, dés qu'elle eut tourné les talons: "Maman, elle pue la dame!" J'espère que l'excès de boisson avait un peu entamé son ouïe. Cette brave dame a quitté notre monde depuis longtemps déjà, l'alcool ne conserve pas toujours.
anniversaire de pascale
je lui ai souhaité j'etais le premier
temps de m....
le terrasse ne sert à rien elle fait acte de presence comme pour dire que l'on est ouvert
bonne journée
Bien triste histoire que vous nous racontez ce matin concernant ce pauvre voisin alcoolique. Pas facile à gérer une telle situation. Pour être polis, vous continuez à le saluer vu que l’habitude est installée et vous passez vite votre chemin en invoquant des excuses. De toute façon dans sa torpeur alcoolique il n’est pas là et il ne vous en tiendra pas rigueur. Il faut être empathique avec les personnes malades, mais j’avoue que cela demande beaucoup de patience.
je suis en direct avec scott sur MSN
c'est veritablement excitant de parler ave lui en direct enfin on s'ecrit plutot !!!!
lui est en train d finir sa journée de travail
faut que je m'installe une web cam ce sera encore plus sympa !!
c'est vraiment cool ces trucs de djeuns
a +
fyfy
Maurice. Chuuuut.
Patriarch. Chacun ses "pénibles".
Lollah. oui un bon mardi sans mauvaises rencontres, je ne sors pas.
Heure-Bleue. Je ne connaissais pas cet expression imagée.
Bérangère. Pour y avoir été il y a de beaux spécimens en Bretagne.
Madamelaposte. la vérité sort de la bouche des enfants.
Pluskami, Sors les parapluies sur la terrasse et prépares les marrons chauds.
Fleur de Lys. Mon but n'était pas de faire pleurer dansles chaumières.
Fyl. j'ai tenté le MSN il y a 3 ans mais je ne dois pas être assez Djeunes pour ça, par contre la webcam me tente.
Bravo pour les rideaux, la pose te semblera facile!
J'ai aussi le don pour m'attirer, non pas les poivraux mais tous les malades mentaux en promenade autour de chez moi, j'habite près du centre régional psychiatrique d'île de France!Ils sont gentils mais un peu collants!
où j'habitais avant, il y avait un voisin que j'évitais aussi...des ruses de sioux !
Cet homme là, c' est ton destin... Parfois il faut s' abstenir de dire " bonjour"! j' ai beaucoup aimé ton " billet" :-)
Lili et Maé, Comme quoi la politesse n'est pas toujours une bonne chose.
Atanane. Je tourne le dos à mon destin tant pis.
Enregistrer un commentaire
<< Home